Et pourtant elle vit !

« Nous ne voulons pas croire ce que nous savons ».

par Jean-Claude PIERRE

Ce propos du philosophe des sciences, Dominique BOURG, résume bien notre attitude face aux dégradations que nous infligeons à la Terre.

Chaque jour apporte des informations de plus en plus précises et concordantes sur la diversité et la gravité des atteintes à la nature. Mais nous donnons le sentiment de ne pas les prendre au sérieux et d’ignorer les conséquences économiques, sanitaires, morales, sociales, géopolitiques qui en découlent et s’amplifient.

C’est là un déni qui interpelle et qui prépare des lendemains bien sombres…Les prévisions établies par les organismes spécialisés des Nations-Unies devraient suffire : elles avancent le chiffre de 250 millions de « déplacés climatiques » dans les trente prochaines années ! Mais nous en sommes loin, à faire comprendre que nous allons au-devant de défis comme l’humanité n’en a encore jamais eu à relever…

Pour contrer ce déni collectif dont nous sommes tout à la fois les témoins et les acteurs, des rapports – tels ceux du GIEC 1 et de l’IPBES 2 – bien que fondés sur les avancées scientifiques les plus récentes, ne seront pas suffisants, comme ce fût le cas à la fin du Moyen-Âge, lorsque les travaux de Copernic vinrent bousculer la vision du monde qui prévalait alors, pour rompre avec la différence, la résignation et la désinvolture qui caractérisent l’attitude générale. C’est d’une révolution et même d’une double révolution dont aujourd’hui nous avons besoin.

La première, déjà engagée, consiste à reconnaître que la Terre n’est pas une planète comme les autres car elle possède le privilège—peut-être unique—de porter la vie ! Ce constat devrait suffire à justifier que nous nous devons de la cultiver avec sagesse au lieu de l’exploiter selon la mentalité affairiste qui prévaut, comme si elle n’était qu’une carrière, un gisement…

 

 

 

 

 

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Une nouvelle mémoire paysanne en Bas-Poitou

Adhérents Sèvre Environnement éleveurs de bovins en Deux-Sèvres

par Roland BLANDIN

Le paysage a toujours été très marqué par l’évolution de l’agriculture au cours des âges. Notre territoire, situé sur les contreforts du Massif Armoricain, est vallonné avec un réseau hydrographique dense alimenté par de nombreuses résurgences de nappes phréatiques peu profondes. Ces éléments paysagers ont été déterminants dans la mise en place d’un modèle agricole basé sur l’élevage. Depuis le XIIIème siècle, les générations de paysans ont organisé l’espace dans le respect strict de la terre nourricière, des ressources en eau et en bois, ce qui a généré un mode de gestion de notre paysage par le bocage. Dans un premier temps, la haie est avant tout créée pour protéger les cultures contre le bétail en divagation. Ce n’est qu’au XIVème siècle que la haie prendra ses fonctions de clôture pour maintenir les troupeaux dans les prés. En plus, ce mode de gestion a permis de maintenir et d’enrichir les sols, de contribuer à une bonne qualité d’eau, de favoriser des microclimats favorables à l’élevage…Malheureusement, la loi d’orientation agricole de 1966, en organisant le remembrement, provoquera une destruction massive des haies avec tous les inconvénients qui en découlent. Mais fort heureusement, depuis la fin du siècle dernier, une génération de paysans éleveurs de bovins a pris cette évolution négative à contre-pied. Autrefois marginalisés, aujourd’hui ils sont de plus en plus nombreux sur notre territoire local et beaucoup sont adhérents de Sèvre Environnement. Cet été nous avons pu en rencontrer quelques-uns, certifiés en agriculture biologique, pour les interviewer sur leur métier de paysans éleveurs de bovins.

 

L’agriculture biologique constitue un mode de production qui trouve son « originalité » dans le recours à des pratiques culturales et d’élevage soucieuses du respect des équilibres naturels. Ainsi, elle exclut l’usage des produits chimiques de synthèse, des OGM, et limite l’emploi d’intrants. La loi d’orientation agricole de 1980 a officialisé ce mode d’agriculture avec un label français « AB ». Au niveau européen, l’agriculture biologique répond à un règlement moins contraignant (logo ci-joint).

 

 

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Depuis le 2 août, l’humanité vit à crédit

En 1986, l’ONG Global Foot Print Network a défini le jour de dépassement de la Terre, c’est-à-dire le jour de l’année où l’humanité entière a fini de consommer l’ensemble des ressources que la nature peut renouveler en un an. A partir de 15.000 données des Nations-Unies, on compare l’empreinte écologique de l’homme qui mesure l’exploitation des ressources naturelles de la Terre, avec sa capacité à reconstituer ses réserves et à absorber les gaz à effet de serre. Pour 2017 ce jour a été le 2 août dernier, en 2016 c’était le 8 août et en 1970 le 31 décembre. Pour subvenir aux besoins de l’ensemble des habitants de la Terre,

 

 

 

 

 

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La protection de l’environnement

Au-delà des contradictions, apprendre pour changer

par Jean SAINT-DIDIER

Dans l’éditorial précédent de juin dernier (Bulletin n° 71), Jean-Claude Brianceau rappelait le contexte qui a vu la naissance de Sèvre Environnement. Commentant les actions engagées par notre Association, il soulignait que :
« La problématique écolo-gique dans son ensemble est toujours complexe et, malgré de nombreux efforts, certes pas toujours cohérents, la dégradation de l’en-vironnement va bon train ».

Nous voulons souligner ici un mot dont il convient de saisir finement la signification ;
il s’agit de complexe. L’étymologie révèle son sens premier : « ce qui est tissé ensemble » c’est-à-dire ce qui est relié, inséparablement associé.

La complexité est ce que nous vivons quotidiennement au niveau de notre propre personne, de nos familles, de nos entreprises, de nos villages, de nos sociétés, de nos projets, de la nature et du monde. Cette complexité est tissée d’événements petits et grands, d’actions et de réactions, de hasards et de déterminations, de questions et de réponses et de questions encore sans cesse renouvelées car chaque réponse tentée débouche inéluctablement sur une nouvelle ignorance, sur un nouveau questionnement plus large, plus profond. Il peut y avoir quelque chose de désespérant dans ce tableau décousu qui représente nos vies individuelles et collectives et auquel nous cherchons à tâtons une unité signifiante.

 

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Conseil Territorial Santé des Deux-Sèvres

Dans le cadre de la nouvelle Loi de Modernisation du Système de Santé du 26 janvier 2016, des CTS (Conseils Territoriaux de Santé) ont été mis en place par les Agences Régionales de Santé. Ils doivent contribuer à la mise en œuvre du Plan Régional de Santé. Pour cela, ils doivent d’abord participer à la réalisation d’un diagnostic partagé identifiant les besoins sanitaires, sociaux et médico-sociaux sur le territoire,  et ensuite, faire des propositions pour améliorer la réponse aux besoins de la population.

Les membres des CTS sont choisis parmi les élus, les représentants des collectivités, les responsables des services de l’Etat et des acteurs locaux, répartis en 4 collèges, plus deux personnalités qualifiées.
• Le premier collège comprend au maximum 28 membres professionnels de santé et fournisseurs de services de santé.
• Le deuxième collège comprend au maximum 10 membres représentant les usagers et les associations d’usagers.
• Le troisième collège comprend au maximum 7 membres représentant les collectivités territoriales.
• Le quatrième collège comprend au maximum 3 membres représentant les services de l’Etat et de la Sécurité Sociale.

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La tique

Un insecte hématophage : la tique

par Roland BLANDIN

Les tiques sont des acariens hématophages parasitant la quasi-totalité des vertébrés à travers le monde et pouvant mordre l’homme. En effet, on dénombre jusqu’à présent, 869 espèces ou sous espèces, dont 37 en France. Des tiques peuvent vivre ou survivre presque partout sur les terres émergées sauf en zone trop aride et chaude ou trop froide. Une étude récente parue dans le Journal of Medical Entomology 2016 montre que dans de vastes parties du monde l’aire de présence et les densités de certaines espèces semblent rapidement s’étendre depuis deux ou trois décennies en raison du dérèglement climatique et aussi pour d’autres raisons comme par exemple le changement de comportement des tiques.

 

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Assemblée Générale Ordinaire du 30 mars 2017

«Assemblée Générale Ordinaire du 30 mars 2017 » par Jean-Claude Brianceau

Rapport Moral

– Un développement intégral garant d’une économie au service de l’homme

Il y a 25 ans, des technocrates friands d’innovations ont introduit sur notre territoire un nouveau procédé de fertilisation des parcelles agricoles à partir d’effluents d’abattoir de volailles : un « concept » gagnant-gagnant pour l’agriculture et l’industrie agroalimentaire. Il s’agissait alors d’un progrès historique irréfutable !

Et pourtant, un groupe de paysans très attachés à la richesse biologique de leurs terres, des sources et des ruisseaux, ainsi qu’à la santé et au bien-être de leurs animaux, ont eu l’audace et le courage de refuser de livrer leurs parcelles à cette poule aux œufs d’or. Ils se sont associés pour tenter d’éviter ce qui, finalement, a été autorisé autour de chez eux, sur 700 ha de terres agricoles. Voilà le contexte dans lequel est née Sèvre Environnement en 1992. Nos fondateurs sont des paysans qui portaient, et portent toujours, des valeurs fortes : le respect de la nature, l’autonomie de leurs exploitations, la préservation de leur patrimoine, la solidarité intergénérationnelle. Ils avaient tout appris de leurs ancêtres, ils nous ont tout transmis. A eux, j’adresse un immense merci et une intarissable reconnaissance pour cet héritage précieux.

Sitôt le concept innovant mis en place, les pollutions de l’eau et de l’air sont apparues, et subies par une multitude de riverains de toutes professions qui nous ont rejoints. Il a fallu 12 années de travail auprès des services de l’Etat pour que le respect de la loi l’emporte sur les innovations illégales. Aujourd’hui les effluents sont épurés avant rejet dans le milieu naturel, les riverains n’ont plus à supporter les odeurs,  les abattoirs se sont développés et font du respect de l’environnement leur image de marque.

 

 

 

 

 

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Une nouvelle mémoire paysanne en Bas-Poitou

«Une nouvelle mémoire paysanne en Bas-Poitou » par Jean Saint Didier

Visite à l’élevage porcin des Grandes Souches  à Mauléon

Depuis mars 2016, dans Le Bulletin de Sèvre Environnement (numéros 66 à 69), Jacky Aubineau témoigne de son vécu, dans les années 1960, sur une petite exploitation du Bocage en polyculture-élevage. Sans nostalgie, Jacky nous montre l’intelligence de la vie agricole de ce temps qui a su se développer en valorisant les atouts dont elle disposait. Le génie de cette agriculture réside dans « la diversification des productions animales et végétales qui a permis de relever ce défi en donnant à chaque membre de la famille l’opportunité d’assurer une tâche à la hauteur de ses possibilités et dans l’intérêt de la famille dans sa globalité. »

Pourquoi s’inquiéter ?

 

 

 

 

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Dioxyde de titane dans nos assiettes !

«Dioxyde de titane dans nos assiettes ! » par Jean-Claude Brianceau

Nous avons déjà publié des articles sur les nanoparticules (n°60 septembre 2014, n°68 septembre 2016). En 2014, le cuisinier Jérôme DOUZELET nous a alerté au cours de sa conférence « Plaisirs cuisinés ou poisons cachés » (notre n°61). Nous revenons sur le sujet, car désormais ce sont des matières premières de l’industrie agroalimentaire et nous les retrouvons dans nos assiettes. Je me limite ici ,volontairement, à ne parler que d’une seule matière, répertoriée en tant que colorant dans le lexique des additifs alimentaires autorisés, sous la référence « E171 Dioxyde de Titane :origine minérale, DJA: non, colore en blanc : bonbons, chewing-gums…A surveiller mais pas de risque connu. HVJ ». C’est effectivement un minerai (TiO²), mais on ne dit pas qu’il est intégré aux aliments sous forme de poudre avec 10 à 40% de nanoparticules de dimension inférieure à 100 nanomètres (soit 100 millionième de millimètre). « DJA : non » signifie qu’il n’y a pas de « Dose Journalière Admissible » car on n’attribue aucun risque à l’additif en question. « HVJ » signifie que l’additif est admis par les pratiquants musulmans (H) et juifs (J), et qu’il n’est pas issu des animaux (V). Pourquoi s’inquiéter ?

 

 

 

 

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Changer de regard

«Changer de regard » par Jean-Claude Pierre

Rendons-nous à l’évidence : sur les questions qui se posent aujourd’hui à l’humanité pour gouverner sa « maison commune », la Terre, le consensus est loin de s’établir.

L’indifférence, la résignation, le déni, la fascination qu’exerce la techno-science, les séductions de la société de consommation, la course effrénée aux profits… Toutes ces réalités n’incitent pas à l’optimisme ceux qui s’inquiètent des atteintes à la nature et de l’avenir qui se dessine…

Un nouveau défi se présente à l’ONU. Elle qui peine tant, déjà, à mener, à remplir sa première mission qui est d’instaurer la paix sur la Terre, sera-t-elle en mesure d’en assumer une seconde, devenue aussi essentielle : conduire l’humanité à faire la paix à la Terre ?

Le phénomène de globalisation qui est à l’œuvre rend ces deux démarches indissociables, tant sont étroitement imbriquées les questions économiques, sociales, géopolitiques et économiques.

 

 

 

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